Le soleil, à travers les persiennes, ou : Fanette in Slumberland

Soleil persiennes

Dernièrement, suite à une série excessive de repas, vins, couché tard et arpentages de rue avec gens en disant des conneries et en rigolant, je me suis trouvée très fatiguée. D’ailleurs, à ce propos, j’ai adoré un post de Garance, qui racontait qu’elle ne sort plus, ou rarement, alors qu’avant c’était une reine de la Nuit. Bon, elle dansait, moi pas, mais avant, j’aurais été déprimée de me coucher avant 3 ou 4 heures du matin trois fois par semaine, et si je ne faisais pas une nuit blanche par semaine, j’avais honte et j’avais l’impression que ça se voyait et qu’on allait se moquer de moi. Le soir, il fallait partir, avec des copains, et aller chez machin ; puis chez truc ; puis chez un autre. On perdait untel au passage, mais on retrouvait quelqu’un d’autre. Dans le pire des cas, je trouvais quelqu’un et on allait à la Cité U, il y avait toujours un truc quelque part, ça faisait un point de départ. Et là, on trouvait deux trois personnes super extra cool qui devenaient nos amis adorés de notre coeur pour la nuit, ils nous emmenaient chez un pote à eux dans le 17ème, par ex, on écoutait de la musique on faisait je ne sais quoi, et après il y avait encore autre chose à faire, ailleurs. On buvait, on regardait la Tour Eiffel, et on criait qu’on l’avait vu bouger. Parfois on cherchait des extra terrestres. On habillait des arbres avec des manteaux et des écharpes, en hiver. Ce genre de chose. Modeste, mais distrayant. Eh bien, les choses ont terriblement changé. Je me suis mise à adorer mon lit, surtout la couette. J’ai fait évoluer mon planning (on peut tout concilier), mais je me suis mise à aimer dormir aussi. La honte. L’idée de me lever, sortir dans le froid, pour aller danser autour d’un sapin, alors que je suis sous ma couette, avec un polar, me fait froid aux pieds. Enfin là il fait moins froid, mais quand même. Dernièrement, je reste chez les gens chez qui je suis. Je ne sais comment j’ai f ait, mais j’ai rencontré des gens qui n’imaginent pas qu’on va partir à minuit pour aller chez un pote, avec une copine qui vient juste d’appeler au téléphone.

En revanche, je bois du vin (et moins d’alcool). Du reste, je m’étais promis, il y a longtemps, de parler de vin sur ce blog. Belle réussite. Enfin, l’idée, c’est donc que dernièrement, j’ai bu des quantités de vin probablement excessive pour mon organisme en état de vieillissement, plusieurs fois de suite, et donc j’ai eu un gros coup de fatigue, j’étais chez des gens, je leur ai dit que j’allais m’allonger dans la chambre, ils ont dit d’accord attends je refais le lit, j’ai dit mais non tu sais pas la peine, elle (oui, son mec avait l’air plus flexible sur le lit pas fait) a dit meunon méçavapa, elle y a été, elle a fait le lit, baissé les volets, et est partie en fermant la porte.

Le sentiment bizarre de déjà vu, vous savez, d’un moment déjà vécu m’a envahie, alors que je n’avais jamais été dans cette chambre aupravant, ils viennent d’emménager ; un sentiment d’enfance qui vous revient, probablement un très vieux souvenir d’enfance, une chambre, un lit, quelqu’un qui me prépare le lit, qui s’en va en tirant les rideaux. Un sentiment très agréable. Allongée, j’ai essayé de dormir, mais je n’ai pas réussi, du moins je ne crois pas. Parce que la lumière du soleil traversait les persiennes (que j’aurais aimé en bois, comme dans il y a longtempsque je t’aime, dans leur maison de Maisons et Travaux, mais qui n’étaient qu’en vil métal genre alu), la chambre baignait dans une lumière dorée. Même les yeux fermés, cette lumière m’avait envahi et je la voyais – par l’esprit. Des pensées confuses et incohérentes comme dans les rêves, alors que j’étais consciente de la chambre elle -même, flottaient dans mon esprit, s’entrechoquaient, et me réveillaient parfois, ou du moins me tiraient de cet état ; dans la chambre, allongée, et consciente d’être allongée, j’ai été réveillée plusieurs par les idées improbables qui me traversaient l’esprit, et qui me paraissaient justement, dans mon semi rêve, bizarres ; m’obligeant ainsi à y réfléchir à deux fois ; et cette réflexion me tirait de mon demi sommeil ; alors, consciente, dans la confusion du demi sommeil, versant de l’éveil, je resombrais dans le demi sommeil, version endormie ; pour replonger dans une idée bizarre ; et me réveiller. J’ai ainsi cru me trouver chez ma tante, et devoir me préparer pour aller à la gare ; quelle gare? ai-je pensé, et je me suis éveillée chez mes amis ; puis j’ai dérivé dans mon bureau, avec le soleil qui parfois me tape dessus quand j’ai la paresse de faire des trois pas qui me sépraent des stores vénitiens ; ça m’a paru bizarre d’être au bureau, et je me suis souvenue que non, j’étais chez des amis ; puis j’ai cru être sur une plage, mais l’absence de bruit de ressac m’a dérangé, et en tendant l’oreille, j’ai entendu les voitures ; ça ne devait pas être ça, et je me suis souvenue encore de mes amis.

Du coup, les yeux fermés, je me suis bel et bien réveillée, et j’ai pensé à Little Nemo in Slumberland, Philémon et Axle Mushine. Et pas à Alice, c’est autre chose. J’ai toujours adoré l’idée de base d’Axle Munshine (quoique je n’ai pas lu les derniers), qui consiste à entrer dans les rêves ; dans lesquels Philémon et Little Nemo (pas lu depuis 15 ans au moins, non plus, je lisais ça quand j’avais 8 à 10 ans) entraient carrément. Dans mes rêves, quand je m’en souviens, ou dans ce demi sommeil, je me trouve dans un univers qui ressemble à ceux-là. Est-ce que ces lectures, anciennes, influencent mes rêves? Est-ce que l’univers onirique est le même pour tous? Je me le suis toujours demandé.

Est-ce que ça vous arrive aussi, de basculer dans un tel entre deux mondes?

Bonus : Si Philémon + Little Nemo + Axle, alors au revoir et merci pour les poissons, mais aussi la grande question  sur la vie l’univers et le reste, soit bien entendu 42, donc 42 et 42. Valà. (Cliquez sur les liens pour comprendre, moi j’ai mon chef qui se marre car j’ai dit à Isabelle dans l‘open space que dans la vie, le lit, il n’y avait que ça de vrai, donc je vais lui dire que si c’est ce qu’il croit, il manque d’imagination – je veux dire pour ce qu’il croit – pas pour dormir – il m’emmerde, ce con).

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12 réponses à “Le soleil, à travers les persiennes, ou : Fanette in Slumberland

  1. Ça me fait toujours bizarre, ces impressions de déjà vu…
    Ah le lit, ou bien même un pré, une voiture… partout où je peux dormir, c’est le bonheur, et ça me rapelle un bon moment déjà vécu dans le passé ^^

  2. Oh, je ne te savais pas fan d’autostop ! C’est fou, moi aussi. Le monde est une jungle intergalactique, n’oublie pas ta serviette.

  3. desfois je rêve que je bosse : l’ennui total

  4. ça faisait longtemps que je n’avais pas lu ou prononcé ce mot : persienne. Et dans le mouvement, je pense au livre de Robbe Grillet, La jalousie, ce qui n’a rien à voir avec le sujet de ton billet ! Je divague…

  5. Tu crées une drôle d’ambiance dans ce post… j’aime bien. ça me rappelle des siestes en été…

  6. Excellent, ton post ! On ne s’est pas connues dans une autre vie? On avait les mêmes soirées en tout cas. Sauf que moi, c’était il y a plus longtemps…

  7. C’est presque un plan proustien en fait. Ou alors c’est quand on vieillit, on retombe en enfance ? (je dis ça, je suis vieux aussi hein, et je m’y retrouve un peu…).

  8. En ce moment, j’en ai beaucoup des impressions de déjà vu, et c’est très désagréable… Pourquoi en ce moment ?

  9. Oui, l’entre-deux mondes, je connais. Je l’ai même très souvent visité à l’époque où le monde réel ne me paraissait plus vraiment intéressant. Je faisais abstraction de moi-même, je partais ailleurs tout en étant là, sans drogue, sans excitant, simplement.

    L’impression de marcher dans des songes.

  10. Marionfizz : Mais pourquoi est-ce désagréable?

  11. J’ai bien aimé cette note. Peut être était-ce une nuit de pleine lune car ces nuits là j’ai l’impression de vivre la même chose que ce que tu décris. Bon week end.