Suite….Eglanteen, quali, quanti et Louvre

Oui, la suite, genre dix ans près… non, pas dix ans, tout de même.

Alors, le nuage mordoré vaporeux ; j’ai oublié de parler du parfum ? Mais sur le parfum, je ne suis pas aussi claire : Eglanteeen porte un parfum qui sent le patchouli , ça fait rire, mais ma grand mère portait la même chose et c’est mécanique : je suis faible sur le patchouli. Comme elle me faisait aussi des chocolats au lait merveilleux, le patchouli me fait penser au chocolat poulain logique – cf Proust, Madeleine (la).

Total, dès que je suis proche d’elle, le sentiment du danger imminent est contrebalancé par celui du patchouli et du chocolat au lait de ma grand mère.

Eglantine s’enquiert de moi, ma vie, mon oeuvre. Et c’est là que le bat commence à me blesser. En général, je dis que j’ai fait une maîtrise en fac, et ça va bien. Certes, il existe des gens qui rentrent en prépas et ensuite les font toutes, c’est extrêmement énervant, ils bossent comme ils respirent, mais moi je respire plus que je ne bosse. Et je sens que j’ai honte. Je déteste ça. Pierre-Henri s’est agité longtemps dans l’une des ces écoles de commerces pour fils à Papa qui ont raté les vraies, mais je sais qu’elle ne le sais pas, ou fais semblant de ne pas le voir, je connais ce genre de personne, ou si je ne la connais pas, je le pressens, je la devine, je ne suis pas avec mes copains, pas chez ces gens qui d’avances vous passent tout parce que on ne sait pas pourquoi, on est  chez ceux qui jugent, qui décrètent et qui savent, même si je déteste. Et pourquoi je suis là ? A cause de Pierre-Henri.

Alors je brode, je file, je détourne, contourne, fuis. Comme avec mon chef. Je prends des mots, je les mets devant moi, les fais tourner. Ça marche. On ne  demande pas comment ni pourquoi, mais on passe par les salles archéologiques du Louvre, par le fonctionnement d’un service contentieux (je suis passée par là, personne ne sait pourquoi, pas même moi) et une comparaison blasée sur les mérite comparé du marketing quali et quanti. Ces deux termes sont-ils toujours à la mode ? J’en doute, les choses évoluent, dans ce domaine, il faut sortir du nouveau concept, sans quoi le vide de l’activité finit par se sentir. Mais à l’époque, quali et quanti, ça le faisait.

– J’ai commencé par le quanti, dis-je à peu près, l’air douloureux.

Curieusement, Eglantine me suit complètement. Elle devient un peu pâle, je dirais.

– Mais j’ai vite compris que j’étais plus faite pour le quali.

– Oui, oui, oui, bien sûr, et elle souffre pour moi d’avoir du en passer par là. Comme ça marche, je pousse mon avantage.

– Evidemment, le quanti est une école.

Je n’en sais rien (sauf dans la mesure où j’ai eu des chefs odieuses et où j’ai du apprendre à ne pas me sentir une merde avec ces monstres, ce qui est une drôle de bonne école, vu sous un certain angle, un jour de soleil), mais ça sonne bien, vous ne trouvez pas ?

– Ouiiii, s’écrie Eglantine. Elle a l’air si contente, on dirait qu’elle ressent une émotion physique… Etrange. Peut-être a-t-elle travaillé dans le quanti ? Ou le quali ?

– Enfin, quoique (j’ai un doute).

– La prise en compte de l’avis du consommateur, je veux dire (là, je délire un peu) – après tout, c’est la même personne qui achète les produits et celle qui va voir une expo au Louvre. Non ?

Ben si, on ne peut pas dire le contraire. Je trouve que relier le Louvre et le quanti-quali, c’est pas mal, même si ça ne veut rien dire et ne mène à rien. Après mon stress initial, je m’éclate plutôt. Elle ne doit rien y connaître, sinon elle me snoberait.

N’oublions pas que je passe un examen, tout de même. Résultat : des possibilités, mais peu mieux faire. Ça vous arrive aussi, ce genre de personnes, qui vous teste et vous tate, ou c’est seulement moi ?

3 réponses à “Suite….Eglanteen, quali, quanti et Louvre

  1. C’est quasi-constant ce test. Au début on s’en amuse mais à force, on finit par se lasser…

  2. Ça me rassure, alors, il n’y a pas que moi… Mais je ne sais toujours pas trop comment gérer.

  3. C’est pour ça qu’en soirée, quand on me demande ce que je fais, je dis que je suis designer. Cela m’évite d’entendre les gens déblatérer pendant 20 minutes sur leur expérience des langues au collège !