Dans le salon de la tante de Pierre-Henri

Bon, reprenons.

Le challenge, c’est tentenr quand même de faire avancer le schmilblick de cette histoire, même si j’ai pas le temps.

On me dira : mais pourquoi ne pas le laisser tomber, le schmilblick ?

Ce à quoi je répondrai : parce que ça fait un an que je l’ai laissé tomber et que des gens gentils m’écrivent pour me demander où je suis, et laissent des comm dès que je bouge un orteil sur le blog, du coup je culpablisie. Bilise.

DOnc, j’étais dans le salon de la tata de Pierre-Henri, sauf qu’elle ne faisait pas tata comme ma tante Marie-Hélène, qui quoique fort Marie-Hélène, n’en fait pas moins tata, ou, pire, ma tata Marie-Rose (celle qui fait du pied de porc). Eglanteen fait Ma tante, comme dans la comtesse de Ségur.

Assises sur un fauteuil Louis XV, nous récapitulions, avec un peu de fourberie, ma carrière, à laquelle je tentais de donner du lustre, façon j’ai une stratégie professionnelle, moi.

Eglanteen m’écoutait en hochant la tête, pour indiquer qu’elle suivait mon récit.

Puis elle m’a proposé de rejoindre ses invités, si j’avais un moment.

Du moment, j’en avais, quoique j’eusse préféré le dépenser en la compagnie de Pierre-Henri, puisque Pierre-Henri il y avait, de par mon propre choix.

Alors je l’ai suivi, en me reprochant d’avoir cédé à la facilité de fréquneter Pierre-Henri.

Un mec arrive, il est gentil, il est kitsch, il met des polos avec des jeans, sans sourire, et on se dit : Chiche… ON A TORT.

(Mais je suis incapable de résister à un mec inapproprié, je le sais, il faudrait que je raconte la cohorte d’erreurs de casting que je fais – et le pire, c’est que je le sais : une stratégie de l’échec de très, très grande classe).

Bref, je suis Eglanteen, très mal à l’aise, maudissant Pierre-Henri, son polo et ses lunettes de soleil, ainsi que ma connerie.

Eglanteen m’explique le concept de l’après midi (car on est l’après midi). Un très cher ami (mon estomac se retourne) photographe (argh, pensé-je, je ne sais pourquoi) revient tout juste d’Asie centrale : pourquoi l’Asie Centrale ? POURQUOI ? J’adore l’Asie Centrale, je fantasme complètement sur l’Asie Centrale, je suis une Ella Maillart spirituelle(spirituelle seulement, je suis trop trouillarde), je regarde Urga trois fois par an, quand on me dit Urumqi, je faiblis, on ajoute raisin – car, sachez le, il y a des raisins à Urumqi et je rêve de les goûter – et je défaille.

Dieu n’est pas avec moi. Enfin si, si, il y est, mais pas dans le sens qu’il faut. Il se fout de ma gueule. Je rencontre un type en polo snob sur un balcon, au lieu de fuir je ne fuis pas, le type, en plus d’être snob, s’avère gentil, je devrais fuir encore, ses amis parlent de placements et de sub primes, JE NE FUIS TOUJOURS PAS, je pars en week end avec lui, je passe chez sa tante et elle a un ami qui revient d’un endroit où je rêve d’aller.

Toutes ces coincidences aberrantes me rendent songeuses tandis que je dis mécaniquement : Oh, l’Asie centrale ?

– Vous connaissez ?

Ah, ah, ah, mais bien sûr, tous les jours j’y passe en métro : De réputation, dis-je. Urumqi, dis-je. Ella Maillart.

– Mais tout à fait, dit-elle, et, s’élançant avec une vaporeuse fluidité à travers le salon dont le parquet ancien craque sous les pas, elle m’amène devant un type et me présente :

– Jean-Emmanuel ? Voici Fanette, une amie de Pierre-Henri.

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2 réponses à “Dans le salon de la tante de Pierre-Henri

  1. C’est marrant tous ces prénoms composés. Tu as craqué pour Jean-Emmanuel?

  2. Ah non !