Noël chez Marie-Rose

Donc, pourquoi arriviste de Noël ? Parce que je me gère mon Noël, de loin. Je bloque à peu près tout pour contrôler la situation.

D’abord, je pleurniche sur le menu auprès de ma tata. Bouh, tu referas du foie gras mi-cuit qu’il es trooooop bon ? Et cette année, c’est chapon ou canard ? Et ainsi de suite. Du coup, je sais à peu près ce qu’elle va me faire à manger.

Parce que ça n’est pas non plus si simple. Marie-Rose est super open minded, mais il y a aussi Etiennette, nettement plus locale. Chez Etiennette, le menu du réveillon de Noël (et de la Saint Sylvestre) commence à se discuter à la rentrée, en septembre. Il est défini en novembre, évoqué en décembre pour être finalement réalisé le 25. Ouais, Noël c’est pas simple. L’idée, c’est de ne pas manger deux fois la même chose, voyez ?

Donc, cette année, nous savions depuis mi novembre que le menu de Noël était du sanglier, avec des huîtres en entrée. Je ne suis pas trop fan (je ne trouve pas ça extraordinairement intéressant), donc ça m’a permis de pleurer au téléphone dans l’oreille compatissante de Marie-Rose sur le canard et le chapon. Je savais qu’il y aurait moyen de caser avec Fred, Montane, son mari et le bébé de Montane un repas avec chapon (et le reste, je le ramène à Paris – c’est l’astuce) et un autre avec cuisse de canard.  Et puis du boudin, des côtes de porc grillées, voire une choucroute dans les intervalles.

Arriviste gourmande de Noël. J’ai très bien géré. Pas mécontente. Normalement, je ne cuisine que de la soupe d’ici le 31, le temps de liquider mes restes.

Après, il y a aussi mon personal branding local. Rien à voir avec les réseaux sociaux. Je gère mon image là bas. De main de maître. On m’a vue pendant des années boudeuse, hargneuse, grognon et enfermée dans ma chambre (t’façon i sont tous cons, alors).

Mais depuis 3-4 ans, TRANSFORMATION.

Mon oncle Guillaume est tout content. Je débarque zen, souriante, exsudant l’amour, la sérénité et le contentement. J’embrasse, j’étreins, je cajole. Les remarques acerbes ne font qu’accentuer mon sourire, face à ces pauvres hères obligés de survivre dans d’obscurs confins provinciaux. Pour le réveillon, vêtue d’une petite robe noire et d’escarpins – pas la peine de compliquer, là bas – rehaussée de quelques bijoux fantaisie, je terrasse mes cousines qui l’ont fait sans chichi, hein, on est entre nous. Sans chichi, ma cocotte. Résultat, elles sont en jean et pull, alors que j’ai l’air d’une Parisienne (héhé) (et vraiment, il faut que j’aille en province pour avoir l’air d’une parisienne ; à Paris, j’ai l’air d’une provinciale). L’année dernière, une jeune cousine a fait scandale en arborant un top à dentelles mi-gothique mi-pouffe (mais c’était bien essayé) avec des converses. Je l’ai félicité pour son originalité. Elle m’adore depuis. Etiennette fait la tête (ça rime). J’adore.

Bref, à Noël, je me la joue citadine qui retourne aux sources ; et plus les sources font grise mine, plus la citadine est contente…

Oui, la citadine est perverse, au fond. Mais elle aime le foie gras mi cuit. Avec le petit Gaillac, Marie-Rose, steup, tata chérie, le petit Gaillac….

3 réponses à “Noël chez Marie-Rose

  1. c’est vrai que ça m’a l’air pervers une parisienne heureusement qu’en Province on a toujours un p’tit vin d’pays qui rabiboche tout le monde🙂

  2. Pingback: The authentic spanish experiment (ou pas) | BNWZ – Blog-note ou WebZine ?

  3. Ah, le petit vin de pays ! Il fait défaillir la parisienne, tu peux m’en croire….