Un dîner chez Faustine

En novembre, j’avais laissé en plan le récit d’un café avec Faustine, qui s’ébattait dans le récit de ses amours avec Brani(slav) et les souvenirs de sa douloureuse passion avec Dubreuil.

Oui, en plan parce que ça n’avait pas d’intérêt de raconter la suite et parler de moi, en fait, ou bien par paresse.

Mais Faustine, je la vois régulièrement. Un soir, elle m’invite à dîner ; enfin ça n’est pas exact : c’est Brani qui m’invite à dîner. Brani peint, mais il fait la cuisine aussi ; il na pas le choix : Faustine ne sait pas ce qu’est une casserole. Lui non plus, il ne sait pas très bien, mais il fait des efforts.

Faustine est assistante d’un décorateur. Ouais…. C’est un travail qui exige beaucoup, beaucoup de soi même, car tu vois, quand tu dois décorer chez quelqu’un, tu dois devenir lui, un peu, et puis arracher un peu de toi-même (mêlé du client, je suppose) et le laisser chez lui. Au fond, au bout d’un moment, tu ne te retrouves jamais vraiment toi-même.

– Borrrdel, crie Brani dans la cuisine, la poutain de frrromage, il colle !

– Ah ? fait Faustine distraitement.

– J’aime bien quand y a des fils, crie-je avec bonne volonté à Brani qui surgit avec un plat rempli de pâtes qui déborde un peu de fils de fromages. Faustine se marre. Brani enjambe virilement son tabouret après avoir posé le plat sur la table et me dit :

– Tou vois on essaie d’être parisien, de faire comme dans la bonne maison, tu vois, dans les grandes familles on met des plats pour faire chic. Ça fait chic, les plats, non, ploutôt que d’amener la casserole sur la table ?

– Mais on est entre nous, dit Faustine.

– Il n’y a pas d’entre nous c’est principe ! s’écrie Brani. Tou veux dou vin ?

– Tu l’as mis à décanter dans une carafe ? demandé-je.

– Ta copine elle fait chier, dit Brani à Faustine.

– Bon allez d’accord pour la vin, dis-je.

– On acheté des verres à pieds, dit Brani.

– Ah non mais là, dit Faustine, tout de même.

– Ah les Français ils croient qu’ils sont raffinés. Sourtout les Françaises. Mais, pfff.

Il se met à manger en faisant la gueule. Ses variations d’humeurs sont extrêmement rapides – c’est arrrtiste avec âme slave – , mais si on décide de ne plus y prêter attention, c’est mieux.

– J’adore les pâtes au gruyère, dis-je (ce qui est vrai).

– Ta copine j’adorrre, dit Brani.

– Tout à l’heure je faisais chier.

– Mais tu sais que je t’aime, dit Brani.

– Bon, ça va, dit Faustine, qui n’aime pas trop ne pas être au centre de l’attention.

-Elle jalouse, dit Brani avec un clin d’oeil.

Impossible de faire un post rapide avec ça. Je continue en décrivant le deux-pièces : petite rue ouvrant sur Pigalle, mini jardin en bas de l’immeuble (on distingue très bien les rosiers quand on se penche par la fenêtre), le troisième étage ouvre sur les toits de l’immeuble d’en face, un peu en contrebas. Loin, un bout de tour Eiffel. Une cuisine dans un désordre effroyable, un salon dont trois des murs sont recouverts de livres et/ou de CD ou DVD, le bureau avec PC encastré dans le mur de livres. Une porte ouvre sur une chambre avec un matelas sur le sol, recouvert d’une couette bigarré aux motifs est-européens, un miroir posé sur le sol et sur lequel Faustine pose ses écharpes, une porte entrouverte qui est celle d’un petit dressing aux murs en biseaux, et un portant avec tous les vêtements de Faustine ; la petite porte d’une salle de bain qui fleure l’encens et les huiles essentielles. L’atelier de Brani est au dessus, c’est un appartement séparé, avec un coin lit, une pièce d’eau et une salle très salle puisqu’il sculpte.

4 réponses à “Un dîner chez Faustine

  1. J’adore ce que tu écris…. je les imprime et je les lis le soir….

    Merci !! Tu as du talent…. beaucoup de talent….
    Envoie moi un mail… valerietribes@gmail.com

    J’ai un copain éditeur qui recherche des blogueuses qui écrivent..

    Isis

  2. Ayé. J’ai lu « Faustine », j’ai cru que Fanette allait démonter dans les règles de l’art l’ancienne copine du canapé rouge à Michel, celle qu’à un nom de stade de curling sur gazon, là…

    Hé bé non.

    Pas grave, j’ai lu quand même. On attendrrre rrrapidement suite !

  3. Il est très fort Brani, un peu comme un girouette. On gagne sa sympathie d’une minute à l’autre.

    Trop de compliments ne sont pas pour lui déplaire.

    Je l’aime bien.

  4. le tabouret va finir par trinquer non ?🙂