Elise

Que j’avais froid, hier, dans la rue, en me rendant chez Elise ! J’étais transie, ça aurait du me mettre la puce à l’oreille. Parce que je passe trop de temps chez Faustine en ce moment, fascinée par sa personne et par les rapports qu’elle entretient avec Brani, j’ai décidé d’accepter l’invitation d’Elise, très bonne amie de ma copine Sandra, elles ont fait des études d’anglais ensemble, et ex-copine/relation via Sandra, justement.

Elise est de ces lycéennes sans histoire et insipides (n’aiment rien, lisent les bouquins recommandés par les profs avec indifférence, sont bonnes élèves mais sans vrai génie ou passion) qui, durant l’été qui suit le bac, se métamorphosent en étudiantes ennuyeuses qui recommencent à apprendre leurs leçons bien gentiment et font de bonnes études – anglais, dans le cas d’Elise et Sandra. Tout d’un coup, en licence, elle a réalisé qu’avec ce diplôme elle courait violemment le risque d’être prof et elle a hésité. Voulait-elle être prof ? Elle a fait des remplacemetns pour conclure que non, elle ne voulait pas, puis s’est inscrite en LEA et enfin au sortir du LEA a trouvé un boulot d’assistante commerciale (ou quelque chose comme ça). Comme Sandra, elle est de ces gens qui trouvent toujours du travail, il y a un sorte de profil, je ne sais pas comment l’expliquer. Déjà, on sent en lui parlant qu’elle sait qu’il y a là ou là un travail qui l’attend, elle essaie de le rejoindre. C’est une approche particulière. Pour le reste du profil, c’est unfeeling que j’ai, je ne saurais trop l’expliquer, on remet ça à plus tard.

Sentimentalement, Elise fonctionne de la même façon. Au lycée, elle avait un copain, qu’elle a abandonné sans état d’âme, enfin ils se sont abandonné sans états d’âme, sont encore amis mais sans plus et sans regret (alors que je me tords encore l’esprit, les mains et l’estomac pour comprendre comment le grand amour de mes années lycées est devenu à la fois un jeune vieux con et l’un de mes meilleurs amis, comment peuis-je être amis avec un jeune vieux con ? Comment suis-je amoureuse du souvenir de ems amours avec Gaël tout en le trouvant actuellement insupportable ? Comment se fait-il que nous passions, tous els deux mois, de merveilleuses soirées à deux, mais qu’on s’engueule méchant dès qu’on se voit plus de deux fois par mois ? Pourquoi ne puis-je juste l’oublier ? etc). Ensuite, pendant ses études, un jeune homme insipide mais plutôt sympa et clone du premiers’est matérialisé à côté d’elle, ils bossaient ensemble en bibliothèque, ils sont partis ensemble en vacances, ils devaient se marier, et puis le jeune homme s’est dématérialisé tout aussi mystérieusement que le premier, sans qu’Elise ne fasse de dépression nerveuse.

Non, pas besoin, il existait dans le grand Paris le clone nº 3 de son homme idéal, et elle le rencontrerait tôt ou tard. Elle est beaucoup sortie pour le chercher, et elle avait la mondanité très sélect : à l’époque, je suis sortie avec elle et Sandra pluseurs fois dans des bars parisiens branchés, pour voir ce que c’est que sortir dans un bar parisien branchouille (ça n’est pas mon truc, hélas, je n’ai pas le staïle). C’est à cette période que j’ai un peu mieux connue Elise. Dans les bars, elle rencontrait des tas de types, certains très beaux, et tout se passait comme ça doit se passer, ils se dragouillaient, sortaient ensemble, couchaient ensemble et puis ça passait plus ou moins vite, comme un vol d’oiseaux au dessus des champs, et elle n’avait jamais l’air ni d’en souffrir, ni d’en penser quoi que ce soit. C’était la vie, et ça ne valait pas le coup d’en parler trop.

Et puis le clone nº3 est arrivé dans sa vie, ils se sont mariés, je ne fus pas invitée au mariage mais à la cérémonie (je déteste les mariages et ai décliné), ils se sont installés chez elle, puis ils ont grâce à des aides finacnières sorties de la poche des grands parents (le clone est fils et petit fils unique) et à un prêt de primoaccédants ou je ne sais quoi acheté un appartement, sensibles bien bravement à la politique du tous propriétaire de notre vénéré Président.Un appartement en banlieue forcément, mais pas très loin de Paris.

Et donc Elise m’a invité à la pendaison de crémaillère.

Voilà pour l’intro.

4 réponses à “Elise

  1. super ton blog !
    Félicitations ,j’adore ta façon de rédiger et de rire de notre société et de nous même !

  2. Je ne voudrais pas déflorer le suspense mais il me semble qu’à se rendre chez des personnes insipides, l’on risque fort de perdre quelques heures en discussions insipides en buvant du thé insipide, ce qui est parfaitement intolérable. Soit dit en passant, quand je serai maîtresse du monde la consommation de thé en sachet sera punie de la peine capitale.

  3. Acide et pas insipide votre texte !
    Une très belle description de notre société !
    Bravo .

  4. @Godenne : merci ! Pas trop acide j’espère, je m’en voudrais.

    @Misssfw : C’était du punch dans des verres de couleur, mais c’est bien l’idée. N’avais-je à m’en prendre qu’à moi même ?