Le neveu d’Hana et l’anglais

Hana me parle de sa soeur et du fils de cette dernière ; un garçon travailleur à l’école, mais timide et inhibé. Moyennant quoi, il obtenait des super notes partout, vrai rat de bibliothèque, mais il est infoutu de prononcer trois mots en anglais. Le truc un peu con pour quelqu’un qui veut faire du commerce international (Hana le soupçonne de vouloir devenir trader mais de n’en rien dire à sa mère qui ne rêve que métiers artistiques ou intellectuels). Car le bon élève est devenu étudiant en école de commerce.
– C’est assez classique dans l’enseignement des langues en France, ajoute-t-elle. Tu sais ?On a un bon niveau théorique mais pas du tout pratique. Il n’y a pas vraiment de cours paortés sur l’oral.
– Oui, je sais, ils essaient de changer ça, mais c’est difficile. Il parait que quand tu te remplis le cerveau avec que de la grammaire et de la formation théorique, tu es moins bon pour l’oral.
Hana me regarde avec scepticisme. Je proteste.
-Mais si. Ça ne développe pas les mêmes endroits du cerveau. L’oral, parler une langue, c’est quelque chose de spécifique. Tu repères des sons, seulement des sons, et des expressions toutes faites, idiomatiques, et tu les enregistres sans t’en rendre compte, et peu à peu tu les utilises. Alors que quand tu apprends en cours, c’est logique, tu fais appel à d’autres compétences, tu lis une conjugaison, par exemple, puis tu l’apprends pas coeur, mais quand tu veux utiliser le verbe conjugué, c’est comme si tu devais feuilleter dans ton esprit une sorte de grammaire mentale.
– Oui eh bien j’ai tout de même appris à parler anglais, dit Hana. Au lycée. Mais je vois ce que tu veux dire.
– Il faut qu’il aille sur place, dis-je. Tu sais moi j’étais comme ça, impossible de sortir trois mots. J’avais l’impression que tout le monde allait éclater de rire. Alors que je lisais l’anglais couramment sans souci.
– Oui, elle le sait. Elle lui a déjà donné des cours anglais qui sont super. Oral, surtout, pour lui apprendre à développer sa conversation. Ça a pas mal amélioré les choses, et du coup, il veut maintenant aller en Angleterre en immersion du type ESL sejour linguistique. La vache ! Ça me rappelle mes séjours linguistiques. Qu’est-ce que je me suis éclatée… La premi`re fois que je quittais mes parents, c’était pour la bonne cause…
– Ah mais tu vois, tu dis que tu as étudié au lycée, mais tu as fait des séjours linguistiques… Cachottière…
– Mais pas du tout. Enfin les miens n’étaient pas très sérieux, on partait avec des copains… On faisait plus la fête qu’autre chose. Mais là, il va partir en séjour linguistique avec la même école que pour ses cours.
– Tu crois qu’il finira trader ?
– Je ne lui dis pas, mais il aime trop la littérature.
– Tu crois que les traders n’aiment pas la littérature ? On a peut-être des idées toutes faites.
– Je ne crois pas. Au bout d’un moment, tu joues à kikikigagnes le plus. Je ne vois pas comment tu peux te plonger dans Jane Austen en rentrant le soir chez toi.
– Peut-être dans Thackeray ?
– C’est ça, fais ta snob…
– Quoi ?
– je ne connais pas Thackeray.
– ben c’est l’occasion de découvrir !

Une réponse à “Le neveu d’Hana et l’anglais

  1. oh, de la pub pour des cours d’anglais !