Archives de Catégorie: Gaël

Il faut quitter Pierre-Henri

luxembourg StatueVoici venu le temps de réfléchir tout haut… De mettre des trucs à plats. Pour y voir clair. Comme on le sait, je vis depuis un an à peu près une relation assez bizarre avec Pierre-Henri. Bizarre car mes sentiments envers lui sont mitigés. J’ai commencé par un mouvement de rejet ; que j’aurais du suivre, me semble-t-il. bref. Après moults péripéties, j’ai fini par craquer, car je suis peu de choses. J’ai culpabilisé, il m’a dit que j’étais folle, j’ai arrêté de culpabiliser… depuis le vie suit son cours,  les évènements se succèdent, on se voit parfois plus et parfois moins,  mais là j’ai du louper un truc. Tout d’un coup, après des vicissitudes, toutes sortes de personnes semblent considérer que PH et moi, c’est sérieux. Il est effrayant de constater qu’il s’agit exclusivement d’amis ou de relations de Pierre-H, vu que je n’ai parlé de lui à presque personne. Sauf une copine qui sait que ce n’est pas sérieux. Même à Hedwige, je n’ai rien dit, je me sens nouille, surtout par rapport à Gaël. L’idée de les mettre face à face est cocasse et angoissante à la fois. Mais côté Pierre-Henri, il faut croire que ça devient sérieux. Et certains sont contre l’idée que je sois amenée à prendre plus de place dans la vie de Pierre-Henri – ce qui est un comble, car non seulement je n’en ai pas l’intention, mais qu’est-ce que ça peut leur foutre? D’autres mes trouvent super. Mais idem, je ne leur demande rien !!! Cette situation est en train, côté Pierre-Henri, de prendre de déconcertantes proportions, d’autant plus gênantes que j’ai la sensation d’être dépossédée de ma vie. C’est bizarre. Que dois-je faire? Envoyer des SMS à tout le monde pour tenir les gens au courant de ma vie sentimentale? Mais ceux qui, me trouvant pas assez bien pour lui, pas disposée à m’engager, pas du tout le genre à être sa.. sa.. (je n’arrive pas à l’écrire, l’idée de vie commune me semble du dernier cocasse), seraient choqués de savoir que c’est encore pire que ce qu’ils croyaient. Ceux qui me trouvent super ne me trouverait plus super. Cela aurait au moins l’avantage de mettre tout le monde d’accord. Mais naturellement, quand en colère j’ai dit ça à Pierre-Henri il m’a enveloppé de douces paroles, n’écoutons pas les imbéciles, nous savons à quoi nous en tenir, nous sommes maîtres de notre vie… mais il est ahurissant de constater la facilité avec laquelle des gens s’en mêlent, et de constater que non, ça n’est pas indifférent. Et je dois dire, en même temps, que la situation, dès qu’elle cesse de me fiche en rage, me fait hurler de rire. C’est la première fois que ça m’arrive. Il faut que je raconte.

Mais avant, voilà le problème : j’en suis parvenue à la conclusion dont je n’aurais jamais du m’écarter – jamais : mon histoire avec Pierre-Henri est une erreur, depuis le début. J’ai eu mille occasion d’être ferme et de dire non, j’aurais du une dizaine de fois raccrocher au téléphone. Toutes sortes de sentiments m’ont fait douter. Il est quand même sympa. Ah, le coup du garçon « quand même sympa », c’est ultra traître. Sois pas chieuse. Il est pas si… Pas si.. non, pas si, mais pas non plus tellement… Bref, on ne sait plus. Alors, il faut être chieuse? Comment être chieuse dans le respect de l’autre? (Je veux bien un tutoriel). Mais c’est facile, tu dis seulement ce que tu ressens : ah ah ah, la bonne blague, il faudrait déjà que je sache exactement ce que je ressens. Si je ressens un truc et ensuite son contraire, je fais quoi : une moyenne? Je divise par deux et je retranche 3? Qui a une idée sur le fonctionnement des équations du coeur? Tout le monde tombe raide dingue amoureuse tout le temps, clairement et distinctement? Vos sentiments sont -ils tous limpides et transparents à vous-mêmes? Ah mon Dieu, comme vous avez de la chance !!! Parce que moi, pas. Est-ce que je suis amoureuse? Non. L’étais-je? Quand? Je l’ai peut-être été, certains soirs, dans certains lieux. Sous des arbres, je crois, je suis vite amoureuse dans un univers végétal, quand on me met une veste sur le dos pour me réchauffer. Mais après, il y a le lendemain matin. Le lendemain soir. Le retour. Les coups de téléphone qui suivent – ou ceux qui ne suivent pas. Le téléphone qu’on attendait le lundi, et qui vient le jeudi. Du coup, que ressent-on? Si ce n’est pas être amoureuse, ça s’appelle comment? Aimer? Aimer bien?

Vous noterez que je ne parle que de Pierre-Henri. C’est mon actualité récente. mais Lui reste là, hélas, comme si .. comme si quoi, d’ailleurs. Il reste juste là. Et d’autres. Aaaaaah. Le coeur. Et le corps aussi, même si j’en parle peu. Bref. Je vais tenter l’explo. Naturellement, Hedwige à qui je dis tout n’est pas au courant.  Magnifique cohérence. Ceci est un autre problème. Nous nous disons tout, mais dans un univers propre à Hedwige/ moi / Gaël. Pierre-Henri n’y a pas sa place.

Qui comprend? pas moi, mais je veux bien qu’on m’explique.

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Où Fanette voit beaucoup Hedwige

rue

Oui, ça fait longtemps que je n’en ai pas parlé, d’Hedwige, hein? D’ailleurs de sandra non plus, mais là, l’actu, c’est quand même Hedwige.

Tentons de resituer (allez dans  Gaël des Catégories, sinon je ne vais pas m’en sortir).

Après cette première rencontre avec Hedwige, il sa passa un truc assez marrant, je suis sûre que ça vous arrive aussi : moi qui ne voyais plus beaucoup Gaël, je ne l’avais pas vu depuis six ou huit mois, eh bien, à cause d’Hedwige, on recommença à se voir comme des fous.

On se remit à être inséparables. Comment cela se fit-il? A la fois brutalement et insensiblement. Après avoir fait la connaissance d’Hedwige, durant un week end, je reçus un sms le mercredi, d’Hedwige, hyper succint, me fixant un rendez-vous dans un bar/resto, que nous appellerons arbitrairement « Chez Nono », nom totalement imaginaire, je le précise. Et sans rapport aucun avec le vrai nom du bar. N’ayant aucune idée de l’endroit où ça se trouvait, je tentai de l’appeler, en vain, puis Gaël, en vain aussi, je perdis du temps de mon entreprise à farfouiller dans Google et je me rendis au rendez vous d’humeur moyenne – c’est quoi d’envoyer des sms sans détails, comme ça, quasiment arbitraires? hein? ça sent le rendez-vous pourri.

Certes, j’aurais pu ne pas m’y rendre.

Surtout que j’étais mal habillée.

Mais toute à ma douleur et vexée par mon aventure avec Lui, un peu de distraction était la fort bienvenue, plutôt que de rentrer chez moi en me disant : « mais que tu es nulle ; mais que tu es conne ; mais que tu..; etc ».

Certes, il y avait Pierre-Henri, et ses bars d’hôtels chics. Mais nous courrions à la routine, et … je ne peux pas tout raconter en même temps.

Donc, chez Nono. A la sortie du métro, il bruinait, détail charmant, et je consultais, irritée intérieurement, mon petit papier tout petit sur lequel j’avais inscrit le nom des rues pour aller du métro à Chez Nono. Triste, mais pas gacheuse de papier, sauvons la planète.

On traverse la rue, on prend la rue en face qui monte, uuuh, y a des sex shop partout, et des dames légèrement habillées, une rue à droite qui ne monte pas, et paf une autre rue qui monte, et dans cette dernière, au moins cinq restos/ bars.

Les mystères de Paris. Pourquoi cinq restos/bars là?

Chez Nono, j »entre, ah, au moins j’aime la musique, et je vois au fond Hedwige, Gaël et deux autres. Hedwige me fait des grands signes enthousiastes, se lève, enfin se déploie devant moi, m’embrasse, et s’écrie :

– Aaaaah, je suis trop contente que tu sois venue, j’avais peur que tu piges rien à mon sms, tu es supeeer, je t’adoooore, et elle m’embrasse.

– Ben, j’ai un peu rien compris, murmuré-je, tout ma mauvaise humeur envolée (mauvaise humeur? mauvaise humeur? rendez vous pourri? sms arbitraire? ), mais je me suis dit on verra bien.

Ce qui n’était pas totalement mensonger.

Hedwige me resserra dans ses bras.

Mon Dieu, que l’Alsacien est démonstratif ; ou bien c’est elle?

L’une des filles présentes avisa mon papier genre post it et me dit :

– T’aurais pas pu trouver un truc plus petit?

Non mais quelle conne.

– Je sauve la planète, moi, lui rétorqué-je. Hasard ou chance, à cause de ma mauvaise humeur, je dis ça si désagréablement que l’on aurait pu me classer momentanément dans la catégorie des pestes.

Hedwige éclata de rire :

– Je t’adoooooore ! répéta-t-elle.

C’est bon d’être appréciée, c’est fou. Je me mis à parler avec Gaël, délaissant l’idiote. Gaël ne semblait pas très en forme.

Je ne vais pas tout raconter en détail, mais ça commença comme ça : une première soirée sympa. Puis, deux jours après, rebelote, apéro chez Hedwige. Et puis tout d’un coup, ce fut comme si nous avions, toujours, passé tout notre temps ensemble. Des sms tous les jours, plusieurs fois par jours, des sorties, des balades.

Gaël, Hedwige, et moi.

Je suis sûre qu’on a tous connu ça.

Non?

L’eau ferrugineuse (titre sans rapport avec le sujet, mais association d’idées)

Sans rapport non plus avec le sujet, pas directement, mais association d’idées à la fin du post.
Pouet.

Donc, j’étais chez Gaël, et je parlais avec Hedwige. (Les liens, ce sont les trois posts précédents).

Enfin, elle parlait, et je tentais de rester concentrée.

Dans la vie, moi, j’ai besoin de sommeil.

(Et même si on perd le fil, j’avais une une nuit en deux parties, avec une pause et du champagne).

Et il était – je ne sais quelle heure, mais il faisait nuit. Nuit tôt. Mais c’était noir dehors et je tentais de rester concentrée.

L’idée, c’était que moi et Lui, ça partait super mal (depuis le temps que ça aurait du partir, et que ça ne partait pas, eh bien ça ne s’arrangeait pas), mais que Gaël s’était trouvé un copine. Qu’il ne me l’avait pas dit, il attendait que je l’appelle pour me le dire.

Pudeur toute masculine, on dira.

Face à moi, Hedwige.

Gaël farfouillait dans ses CD en râlant mais je l’ai mis où, p’tain.

Hedwige fait partie de ses femmes qui me donnent l’impression de rapetisser. Elle était grande et large, mais pas grosse, non, on aurait dit qu’elle était simplement à deux échelles supérieures à la mienne.  Les gens sont en général plus grands que moi (ça me surpend toujours quand je me vois avec quelqu’un dans un miroir, quand on se lève pour sortir d’un bar et que je me regarde dans le miroir avec le, la ou les amis qui m’accompagnent – car, moi, allez savoir pourquoi, je me sens toujours grande). Mais elle, elle était plus grande que les gens normaux, donc deux fois mon gabarit. Elle avait donc de grands bras, de grandes jambes, des épaules larges, une stature à rentrer les foins, et, je rassure tous ceux qui s’inquiétaient pour Gaël, une forte poitrine.

(Note : avec toutes les conneries que je raconte, le mot clef qui m’amenait principalement des gens de Google était « fesse », depuis une semaine, enfin là ça a changé. Demain, je parle d’Akira Kurosawa).

Et elle me parlait, en souriant. Et je buvais mon Gewuztraminer, en trouvant ça bon, et là, dans l’était où j’étais, je n’arrivais qu’à me concentrer sur le goût du vin, excellent, et sa voix faisait comme un bourdonnement.

Au bout d’un moment, elle a éclaté de rire : « Mais elle est naze, la pauvre !! Elle dort debout ! ».

– Pas du tout !!! ai-je protesté, et je lui ai répété sa dernière phrase. En fait, j’entendais ce qu’elle disait, sauf que ça mettait du temps à arriver et que j’ai compris ce qu’elle avait dit au moment où j’en ai eu besoin, c’est-à-dire au moment de parler.

Et ce qu’elle disait était surprenant, elle me disait que son copain travaillait à Strasbourg et qu’elle y retournait le week end, oui lui venait à Paris.

Du coup, j’ai regardé stupidement dans la direction de Gaël, ne sachant plus trop où j’en étais.

J’ai quand même dit : Quel modernisme !

Oui, car je trouvais ça moderne d’avoir un copain à Strasbourg et un autre à Paris. Moderne, et pratique, naturellement. Mais moderne.

Ensuite, il m’a semblé pertinent de faire brumeusement un point sur moi-même, car une idée fugitive m’a traversé l’esprit, et j’ai essayé de l’attraper avant qu’elle s’évanouisse.

Ne serais-je pas moi-même une femme moderne?

Où en étais-je, affectivement s’entend?

– Moderne mon cul, sifflait Gaël (qui ne souhaitait pas être moderne).

– Pfff, ai-je fini par dire à Hedwige, au terme d’une réflexion confuse. Je ne sais pas comment tu fais. Tu as l’air zen.

– Toi, tu as l’air crevée.

J’ai confirmé avoir passé une nuit moyenne, tout en tentant une approche pour en savoir plus sur son copain. Impossible de faire fin, vu mon état, j’ai donc fait frontal : et ton copain, il fait quoi?

– Il travaille dans une chaîne de supermarché. Il est comptable.

Gaël m’a jeté un regard. J’ai tenté de visualiser intérieurement un comptable d’une chaîne de supermarché… Je ne sais pas pourquoi, j’ai pensé à Sylvain Müller (dans Caméra Café). Ce copain comptable m’a aussitôt paru exécrable. Ce qui est fou, inique, atroce, et pour, s’il en est encore besoin, que je croule sous les préjugés. D’ailleurs, Hedwige n’avait rien d’une comptable classique, donc on pouvait être comptable et avoir de gros seins ne pas être un binoclard ahuri. D’ailleurs, qu’est-ce qu’une comptable classique? (Enfin, mon chef et idole, Marc, dit toujours qu’un comptable doit être chiant sinon c’est pas un comptable). Bref, j’arrête sur les comptables, et j’en reviens au fait. J’aime les comptables, mais j’ai détesté celui-là, et sans le connaître.

Suite de la soirée : pas grand chose, on a regardé Van Helsing, je ne l’avais pas vu, je n’ai rien compris. Premières images superbes, mais alors superbes, le moine qui donne des gadgets, très bien,  et après : pouf. Enfin, c’était peut-être du à une baisse violente de ma concentration. Encore un film à revoir.

(Le lendemain matin on a regardé Constantine : pas mal. Bon, un peu trop manichéen à mon goût, et puis Gabriel qui veut donner des leçons, ça me faisait penser aux mystiques allemands du XVIème siècle, non que je lise du mystique allemand, oh, ça non, mais Alexandre Koyré, oui, et dans un de ses livres sur les mystiques allemands il fait état de théories dans la mouvance protestante qui me rappelle un peu ce Gabriel – je n’en dirais pas plus, je vais m’empêtrer, mais je relève le niveau, j’ai dit, hein. Un jour, quelqu’un tapera mystique allemand du XVIème siècle, ou Alexandre Koyré, et il atterrira ici. Et je serai super fière. Parce que fesse, je n’étais pas fière.  Le lien de la Fnac indique que le bouquin est épuisé, eh oui, faut fouiner dans les petites rues autour du Boulevard Saint Michel, chez Gibert voire chez Boulinier, mais c’est sympa, ça vaut le coup et on trouve des trucs sympa). Pour en revenir à Constantine, il y a Keanu Reeves dedans, ça y fait.

Pouet.

C’est vieux, mais c’est bien, non?

Suite de l’histoire de Gaël

épuisé

On se rappelle : j’étais chez Gaël, pour me réconforter, si tant est que ce soit un réconfort, et voilà qu’il me dit qu’il doit me raconter un truc, et il me raconte qu’il a rencontré quelqu’un qui s’appelle Hedwige. Cette personne est sympa et il voudrait bien que je la rencontre.

Et donc, comme je l’ai signalé en utilisant brillamment les signes de ponctuations, je reste coite (imaginez un peu mon trouble) ; coite, mais je communique mes impressions à Gaël par une mimique appropriée. Si je suis coite, ce n’est pas que je n’ai rien à dire, mais plutôt trop.

Quelque chose comme :

– Hedw… Mais?!?! Non. Si? Mais tu veux dire que … euh… Avec un H? Elle est comment?

Non, parce que ordinairement, Gaël porte un décourageant regard sur les fille. Par ex :

– Celle là est pas mal, elle a de gros seins, mais je n’aime pas ses genoux.

Moi : – Mais ça va pas !! Il n’y a pas que les seins et les genoux !

Lui : Elle est con, alors il faut bien qu’elle compense.

Moi : Ben alors, elle a de gros seins, ça va? C’est le genre de truc qui compense, normalement.

Lui : Non. A cause de ses genoux, elle a des jambes vulgaires. Je ne suis pas obsédée par les seins, contrairement à ce que tu penses (NDA : Si, il l’est). Et puis ses mains. Les mains sont le reflets de l’âme.

Moi : Pas les seins?

(Etc)

Donc, ordinairement, vu la façon dont Gaël décortique les femmes, je m’attends toujours à le voir arriver avec des top models, enfin des top model à qui on a donné à manger. A mon propos, il m’a juste fait quelques remarques perso, mais heureusement que je l’ai coupé et que je sais qu’il est con sur ce plan là, c’est le mec qui te démolit si tu l’écoutes ; enfin, avec moi il finit par me dire : « Mais toi tu es ma petite Fanette !! » – mais je ne sais pas si ce n’est pas, aussi, un peu traitre ; comme je suis sa petite fanette, je suis moche, grosse là où il ne faut pas pas et maigre là où il ne faut pas non plus, je me coiffe mal et m’habille comme un sac, mais tout ça est transcendé par l’affection qu’il me porte ; merci Gaël : si ce n’était pas mon Gaël, je le détesterai.

Or, à part une peste très classe avec laquelle il est sorti huit mois (et qui l’a viré), il n’a eu de femme affichée que tout à fait normale. L’une d’elle tendait  même à la culotte de cheval, mais elle avait de jolies mains, et elle était maître assistante à la fac (il n’y en effet pas que les seins et le cul qui compte : le CV aussi : Gaël aime le culturel, même tendance scientifique , ou le juridique).

Bon, et Hedwige avec un H? Alors? Alors?

Alors (je rappelle qui j’avais très mal dormi la nuit précédente) je vais dormir un moment et il appelle Hedwige, et farfouille dans le frigo pour préparer un truc (on va encore se taper du mauvais saumon et du champagne ; mais je m’en fous, j’ai mauvais goût, j’adore ça).

Je ne dors pas, je somnole, je suis dans cet état curieux mi veille mi sommeil, où l’on coule dans un coma qui ne repose pas, le cerveau pétrifié, le temps aboli.

Je perçois des bruits, des portes, des voix.

Puis Gaël vient me chercher. M’ordonne de faire quelque chose pour mes cheveux et mes yeux. ça m’énerve, mais dans le miroir de la salle de bains, il a raison, je suis monstrueuse : les yeux gonflés, les cheveux dressés au dessus de la tête, l’air hagard. Bravo. Avec un peigne, de l’eau froide et un peu de maquillage, on peut faire des trucs pas mal.

Hedwige m’attend dans le salon. Un truc me fait tout drôle : j’arrive par la porte de la salle à manger, passe la double porte entre le salon et la salle à manger. Hedwige était assise sur le canapé qui tourne le dos à cette double porte, elle se lève en nous entendant et se retourne. Avant même d’avoir vu son visage, je sais, à sa façon de bouger, l’aisance et la familiarité de ses gestes, qu’elle est ici chez elle. j’ai le coeur qui se serre, égoïstement  : je n’ai pas vu Gaël depuis six ou huit mois, mais je sais que je suis toujours chez moi quand je suis chez lui : mais l’attitude d’hedwige me fait comprendre que je me trompe : maintenant, c’est elle qui est chez elle.

Hedwige est blonde et grande et je n’ose pas baisser les yeux sur sa poitrine. Elle a un visage large et long, avec une grande bouche qui sourit, et des yeux incroyablement joyeux et rieurs. ça, plus Gaël, plus mon état, me laisse bredouillante et muette. Je bredouille un bonjour embarrassé. Elle a l’air sportive. En fait, tandis que Gaël s’assied et qu’elle parle, je la regarde avec hébétude et je ne comprends pas qu’elle soit avec Gaël : elle a l’air normale, drôle et sympa. pas du tout comme Sandrine, qui avait un côté faux dans sa sympathie. hedwige déborde littéralement de bonne humeur et de sympathie. Elle me pose une question.

– Hein? fais-je.

– Elle est fatiguée, dit Gaël. Je sens à sa voix qu’il est agacé ; s’il a dit à Hedwige qu’il lui présentait sa super copine, il doit être furieux de récupérer un zombie qui bredouille. Après concetration, il s’avère qu’Hedwige me demande si j’aime la bière. Je fais un effort pour ne pas avoir l’air ahuri, et je dis que non.

– Je m’en doutais !! dit-elle joyeusement (je ne mens pas : elle parle joyeusement). Les Parisiennes n’aiment pas beaucoup la bière. Enfin, certaines si, ajoute-t-elle, désireuse de ne vexer aucune catégorie de parisiennes. « Alors, pour toi, j’ai amené du Gewurztraminer. Ce n’est pas très original, mais il ne me dit rien !!!

J’y suis. L’Alsace. D’accord. Ah bien, va pour le Gewurz.

(Questions aux lecteurs/trices : qui aime la bière, et quelle bière,  et dans quelle région habitez-vous? Non mais ça m’intrigue, y a-t-il vraiment un goût moins fort pour la bière hors du Nord et de l’Est?)

L’histoire de Gaël

predator

Merci Topshop ; cette chaussure porte le doux nom de Prédator. Elle a un rapport avec l’une des personnes évoquées dans le post.

–   Alors, tu sais, dans ma boîte on s’occupe de caritatif.
– Ah?
– Réductions d’impôts.
-Ah.
–  Et donc, je vais dans cette boîte…
–  Laquelle?
–  Une assos.
–  Ah.
–  Tu me laisses finir?
–   Oui, ben si t’étais clair…
–   J’enlève les détails inutiles.
–   Oui mais des fois avec les détails on comprend.
–   On s’en fout des détails.
–  Pas moi.
–   Le responsable est un con.. mais un con… Il est là parce qu’il est copain avec le mec qui a créé l’assos, mais il est nul c’est pas croyable.
–   S’il n’y avait que lui. Il gagne combien?
–   Tu en serais malade. C’est un détail. Il couche avec sa secrétaire.
– Basique.
– Oui, mais tu verrais la nana !!!
–  Quoi?
–   Indicible. Attends, j’essaie. 50 ans, talons aiguilles, attends, chaussures, euh….Des trucs hauts
–   Des talons, ça s’appelle.
– Avec une semelle épaisse.
– Plate-forme.
– Et des lanières. Et des collants rouges épais, et une mini jupe. Remarque elle peut, c’est un sac d’os. Une crinière un peu rousse…et des colliers… Elle s’appelle Lauren. Non, attends, c’est marrant : sur sa fiche de paie, il est écrit Lorraine. Lorraine Maillard. Mais elle signe Lauren….
– C’est plus glam.
– Sûrement. Enfin bref.  Elle a une tête à faire des pipes sous le bureau, c’est impressionnant. Et je ne dis pas ça souvent d’une femme.
– Pardon?
–  Bref. Et donc là, il y a une comptable.
– Normal.
– Elle s’appelle Hedwige. Avec un H.
– Non !!!
–  Si. Elle est alsacienne.
–  Ça fait l’Alsace et la Lorraine.
–  ….
–  Désolée. Avoue que c’était tentant?
– No comment. Mais elle est sympa.
–  Elle peut pas avoir tous les défauts.
– Elle est, je veux dire, vraiment sympa, quoi.
–  C’est bien pour toi, je suppose que tu es pas mal en relation avec elle.
–   Oui, ben oui, justement.
– Donc, tu bosses avec une nana et tu la trouves pas conne, nulle, chiante, pouffe?
–  Elle habite pas loin, en fait, je me disais que ce serait bien si tu la connaissais.
–  ….?
–  ……
–   !!!!!

…….

Où Fanette désespérée va voir un vieil ami, car il n’y a que ça de vrai

(Pour ceux qui prennent le train en route, les épisodes précédents sont dans la rubrique Lui).

Donc,j’appelle Pierre-Henri et il répond. On dirait qu’il vient de se réveiller.
Dialogue palpitant, du genre :
– Tu fais quoi?
– ben rien. Et toi? T’étais pas occupée ce week end?
– Ben je le suis plus.
Pierre-Henri rit.
– Tiens, moi j’ai failli l’être.
– Bon, alors?
– Chais pas chuis crevé.
Bien. Remarque, d’un côté, il ne peut pas non plus être à ma disposition. Voilà qui va m’obliger à faire preuve d’inventivité (ça, c’est que je dis a postériori, parce que sur le moment, je suis démoralisée, je me sens nulle, vide, moche, grosse, enfin il n’y a rien qui va).
Mais je ne veux pas rester seule, donc après on fera les filles, mais je préfèrerai un garçon, donc, résignée, j’appelle Gaël.
Ah, j’en ai déjà parllé, il y a longtemps. On se connaît depuis longtemps, et je n’ai plus rien à perdre devant lui. De toute façon, il est odieux, et il m’a déjà expliqué qu’il n’épouserait qu’une déesse, donc pas moi, et moi je lui ai dit que je n’épouserai jamais un sale con comme lui, ce à quoi il m’a dit, d’une façon très vexante , ah, ah !! elle veut se marier, eh, l’autre, et je lui ai jeté des chips à la figure : on part donc sur des bases saines.
Gaël décroche de sa voix habituelle, c’est-à-dire de très mauvaise humeur.
– Gaël, c’est Fanette.
Pareil à chaque fois, et il fait le coup à TOUT LE MONDE, un de ses meilleurs amais du temps des jeux de rôle s’est même fâché avec lui pour ça : il met toujours deux secondes à réagir, comme s’il connaissait des milliards de Fanette. « Mais tu fais chier, lui a dit le copain en question, Xave de son état, tu sais très bien qui je suis, c’est juste pour faire comme si t’en avais rien à foutre de tes potes. »
– Fanette? Ah oui.
Il m’énerve déjà. Mais c’est mon Gaël… On ne peut pas tout avoir.
– ça va? Tu me situes? Tu te souviens de moi? ça fait 15 ans qu’on se connaît.
– 14 . Tu ne m’as pas appelé depuis six mois.
– Toi non plus.
– Alors? enchaîne-t-il. Tu t’es fait plaquer?
– Je peux passer?
– Ouais, justement, j’ai mon ménage à faire.
– Tu sais que les plaisanteries les meilleures sont les plus courtes?
– ça fait six mois qu’on s’est pas vu, je peux te la refaire, non? Puis c’est vraiment grave crade.
– J’ai l’habitude.
– Au moins c’est grand, pas comme ton grenier.
Je ne relève pas. Gaël est agressif et désagréable de bonne comme de mauvaise humeur, c’est un style. Il peut aussi se mettre à être charmant. Il se brouille avec la plupart de ses amis, on dirait qu’il joue à un jeu. Avec moi, ça reste supportable. Peu importe. Il ne faut pas chercher à comprendre, même moi j’ai renoncé.
Je me rends chez Gaël. Son appartement est dans le XVIIIème, en fait il est à son père, et Gaël a une chambre de bonne. Une vraie, huit mètres carré, avec les toiletttes dehors. Sauf que depuis que Gaël travaille, son père, qui est reporter, et absent un mois sur deux, passe la plupart de son temps sur Paris en visite et rendez vous avant de se ruer comme un fou en Bretagne chez la femme de sa vie qui y est médecin. Il est donc rarement là et une évolution subtile a eu lieu, maintenant le père de Gaël annonce qu’il va venir. Comme s’il était chez Gaël. Mais les meubles n’ont pas changé. Rien n’a changé. C’est pour ça que j’aime. En fait, c’était l’apprt de la grand mère de Gaël et on y allait de temps en temps quand on allait sur Paris en première ou terminale. Puis, quand on a été sur Paris à la fac, on y passait. Gaël dormait dans sa chambre de bonne, et moi dans le canapé du salon. Ou dans un chambre d’amis. ça fait dix ans que Gaël déteste le buffet de la salle à manger, un buffet Napoléon III, enfin une copie, tape à l’oeil, avec une horloge dessus. Moi aussi, je la détestais, avant. On trouvait ça hideux, les petits anges dorés qui tiennent l’horloge. Maintenant, je ne la trouve plus moche : je ne la vois pas. Mais si on l’enlevait, je ne verrais que le vide laissé. L’appartement de Gaël est de construction plus récente que celui de Lui, très grand, mais pas terrible, un peu blockhaus, plafond bas. Le truc, c’est que je m’y sens chez moi.
Le salon est devenu une salle video, avec des enceintes gigantesques. La table de la salle à manger est ordinairement couverte de piles de livre. Gaël lit comme un furieux. Il travaille dans la gestion, mais il participe à des jurys de livres organisés par des journaux.
Il m’accueille en short et t-shirt dans son appart surchauffé. Il me sourit, charmeur. Ah, on est repassé dans la zone lumineuse alors. Il me demande si ça va, veux-je un thé, un plaid, du chocolat?
Non, je ne veux rien, sauf regarder une video. La collec de DVD de Gaël est ahurissante. Il achète, il télécharge, je ne sais pas comment il s’y prend, mais c’est un video club à lui tout seul. En l’occurence, je veux regarder Aimez vous Brahms. Oui. Si. C’est comme ça. Gaël, dans son quart d’heure délicat, après une grimace horrifiée, m’informe seulement qu’il me laisse l’appart, hein? et qu’il va faire un tour. M’en fous. Je veux regarder Anthony Perkins amoureux (et pas avec un couteau) d’Ingrid Bergman. Elle a vraiment l’air d’une grand mère dans ce film, elle m’énerve, mais je veux Anthony Perkins.
Avant de partir, Gaël vient faire un tour dans le salon, et regarde d’un air dégoûté le film.
– C’est vraiment nul, dit-il.
Bon. Merci, hein. Et puis il part. Je reste devant le film.
Ambiance, quoi.
Et juste avant la fin du film, Gaël revient. Il ramène (si quelqu’un rigole je le frappe) du saumon fumé et du champagne, parce qu’il sait que j’aime ça, sauf qu’il a pas choisi un super champpagne, mais bon, et il me dit :
– Bon, tu restes ce soir, hein? Parce que ça tombe bien en fait, j’ai un truc à te raconter. Faut que tu me donnes ton avis.
Et du coup je suis restée. Et comme ça, quand Pierre-Henri a rappelé, je ne me suis même pas forcé à lui dire : euh non, finalement je fais un truc.
En fait de truc, j’ai écouté Gaël me raconter son histoire. Heureusement qu’il y avait du champagne.

(NB : j’ai essayé de faire court, mais ça a merdé encore, je suis désolée. Du coup, je coupe, voilà, c’est tout).

Aimez-vous Brahms?

ça se passe à Paris.

Anthony Perkins tombe amoureux d’Ingrid Bergman, une femme qui doit avoir dix ou quinze ans de plus que lui, et qui vit avec Yves Montand, un Don Juan qui la pante régulièrement.

Ingrid Bergman est amoureuse et pas amoureuse, mais elle finit par vivre avec lui, avant de craquer et de retourner avec Yves Montand.

Je ne sais pas pourquoi, je trouve ce film bizarre, mais j’adore Anthony Perkins. Ingrid Bergman est agaçante. Yves Montand insupportable.
(Désolée, il n’y a pas de version française)