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Les horloges de la mort

En août dernier, Tibo lançait, sur un coup de tête, une impulsion subite, une chaîne scénaristique.

Elle se propagea à travers toute une série de blog, telle une comète fendant fièrement les étendues intersidérales glacées de l’espace.

Au passage, elle a vécu grâce à ces blogueurs (dont moi, très contente de la chose) :

Tibo, Rade, Cat.0, Boris Shapiro , Fred, Ardalia, Musarder, Kitty, Fanette, Sebi, Aude, Janeczka, Caro, Ondine, Tisseuse, Pandora, Thierry Benquey et Pat de Bigorre.

ça fait 18.

Aujourd’hui, Tibo tente un bilan de cette chaîne, qui a donné naissance à une nouvelle, les horloges de la mort.

Vous pouvez  télécharger la nouvelle en PDF.

Bon, moi, je vais essayer un de ces quatre de la copier coller en intégral sur une page de mon blog.

En tout cas, je suis ravie d’y avoir participée, et je trouve que l’initiative de Tibo était formidable.

Je me trouve un peu planplan sur ce post, mais je suis glacée et j’ai froid, ça me gèle le cerveau.

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Cadavre exquis

J’ai été invitée par Krazy Kitty à participer à une chaîne scénaristique, dont le début m’enchante. En fait, j’ai écrit ma partie il y a longtemps, et puis, j’ai systématiquement remis le moment de la poster… Aie !!

J’en suis confuse. Sans Boris Shapiro qui m’a rappelé à l’ordre…

Cette chaîne a été initié par Tibo, puis Rade, Cat.0, Boris, Fred de Mai, Ardalia, Anna et enfin Krazy Kitty.

Alors… Le texte que j’ai du poursuivre est en gras.

Débit

Commençons. Bien que je ne sache pas vraiment par quoi commencer.
Nous étions un lundi quand ça s’est produit. Le 17 mars. C’était l’année de mes 34 ans.
Tout s’est passé si vite, et en même temps, comme au ralenti.
Voilà mon histoire… Toute mon histoire.

Je venais de déménager à Paris. Pas loin des Halles.
Ce jour la, l’interphone m’avait réveillé. J’avais éteint mon réveil pour profiter d’une grasse matinée bien méritée, après un week end chargé en déménagement. Mais apparemment mon nouveau facteur était matinal, et le colis ne pouvait pas attendre.

J’avais donc dû me lever, forcé et tiraillé par l’envie de reposer me replonger dans mes rêves. J’aurais pu, oui, ne pas ouvrir la porte. J’aurais pu me rendormir, succomber à cette tentation de l’oreiller. J’aurais pu… peut être même que j’aurais dû… tout aurait peut être été plus simple…

D’un geste rapide, j’avais enfilé un tee-shirt puis ouvert la porte en me tenant de travers, afin de ne pas montrer au livreur que j’étais encore en sous-vêtements. À son sourire moqueur, je compris que ma coiffure trahissait une nuit agitée. Exaspéré, j’avais signé le reçu, pris le paquet et claqué la porte sans lui adresser le moindre mot supplémentaire. Le colis devait peser dans les 2 à 3 kilos, guère plus, répartis uniformément dans un format de type « boite-à-chaussures ». Un colis classique, en somme. Celui qu’on imagine toujours dans les mauvais romans.

Ma curiosité aurait dû être éveillée mais un coup d’œil rapide à l’oreiller me rappela la seule priorité de cette journée pas encore ensoleillée : dormir. Dans un saut de l’ange disgracieux, je m’écrasais dans le matelas encore tiède de la chaleur de mon corps endormi tout en laissant tomber délicatement le paquet sur la moquette épaisse. C’est alors que je l’entendis pour la première fois.

Un petit bruit. J’avais pourtant la tête bien enfouie dans l’oreiller mais le petit bruit persistait. Un petit tic-tac de réveil, imperturbable, obstiné, irritant. Je me redressai et regardai sans comprendre mon radioréveil électronique. Ce n’est qu’à ce moment que, appuyé sur un coude et localisant maintenant l’origine du bruit, je compris l’équation. Le colis hermétique de papier kraft faisait tic-tac. Juste comme ça : tic tac… Un jour, je raconterai ma passion pour les films d’aventure.

C’est certainement ma passion pour Indiana Jones qui m’a fait me relever et saisir ce paquet très précautionneusement, certain qu’il s’agissait d’une bombe. J’ai vu défiler devant mes yeux non seulement ma vie, mais la liste de tous ceux qui pourraient songer à m’éliminer. La concierge, pour les jours où j’oublie de m’essuyer les pieds sur le paillasson. Mon compagnon de chambre à la fac, qui ne m’a jamais pardonné toutes les fois où je suis rentré trop tôt et l’ai empêché de profiter de la soirée avec sa copine. J’en étais à me demander si j’avais des livres de bibliothèque en retard, ce qui pourrait expliquer la vindicte d’une bibliothécaire ulcérée ou d’un lecteur impatient, quand ma compagne sortit de la salle de bains, un sourire et du dentifrice sur les lèvres. « Super, ils sont enfin arrivés !
– Chérie, éloigne-toi de ce colis.
– Mais enfin mon amour, tu perds la boule ? Lâche ça ! Ce sont les horloges de la mort que mon collègue entomologiste de Lyon m’a envoyées. Tu sais, les insectes qui bouffent le bois et font tic tac, je t’en ai parlé, non ? Je t’ai dit que je voulais étudier leur étonnante capacité de régénération… »

Ah non. Pas cette fois. Pas encore ! « Choupette, ma mignonne, je croyais qu’on s’était mis d’accord.
– D’accord ? D’accord sur quoi ?
– Ton boulot. A quoi ça sert que tu aies un laboratoire à l’université si c’est pour nous ramener des bestioles à la maison ? On avait dit le boulot, dans ton laboratoire, plus à la maison. C’était le principe même de ce déménagement !
– Laboratoire, laboratoire, j’aimerais bien t’y voir, toi, sur ce coin de paillasse…
– Des termites, qui plus est ! Des termites ! Dans la même pièce que la commode Louis-Philippe qui me vient de Grand-Mère !
– Des horloges de la mort, je te dis. Des grosse vrillettes. Xestobium rufovillosum. Rien à voir avec des termites ! Les horloges de la mort n’ont même pas d’ailes ! Et puis tu as vu la quantité de scotch, sur ce paquet ? Comment veux-tu que les bestioles s’échappent ? Je les amène avec moi au labo ce matin, ne t’inquiète pas.
– Tout de même ! Un paquet qui fait tic-tac ! Des ter… insectes bouffeurs de bois quasiment sur ma commode Louis-Philippe ! Du boulot dans notre appartement quasiment dès le premier jour ! Tu ne trouves pas que tu y vas un peu fort ?
– C’est-à-dire que… je préfère garder cette étude la plus… discrète possible. Et tu sais comment est la secrétaire, non, pardon, Madame l’Assistante Administrative… toujours à bavarder… ça pourrait être dangereux.
– Dangereux ? »

J’en avais le souffle coupé. Des insectes bouffeurs de bois dans la même pièce que la commode Louis-Philippe de ma grand mère – ET dangereux – ET je me devais de conserver un calme jupitérien? Jupitérien avant la foudre et l’ éclair, oui !

– Poupette, si c’est dangereux…

– Noooon, s’écrira ma compagne en se laissant gracieusement choir sur le bord du lit. Mon chéri, tu n’as rien à craindre. Non. C’est pas ça. Que je t’explique.

Elle prit un air de conspiratrice qui m’inquiéta.

– En fait, on a pas eu le financement pour le projet, Jean et moi, et donc on veut se lancer dans l’étude euh.. En douce. Non mais ces radins, tu comprends, si on fait la recherche, ils seraient capables de s’attribuer le mérite au labo, alors que le labo, il s’en balance.

_ Mais ça va pas? Tu vas faire de la recherche bénévole? En off? Je comprends rien, comment c’est possible?

Elle soupira.

– Si les animaux n’arrivent pas par la voie officielle, ils ne sont pas là officiellement, c’est tout.

– Mais on peut les voir? Chez vous? Dans votre labo?

– Pour voir, il faut chercher. Pour chercher, il faut émettre des hypothèses. Si l’administration du labo était apte à en émettre, des hypothèses, je ne serais pas en train de faire ce que je fais, je serais en train de recevoir mes crédits pour ma recherche, tu suis? S’ils sont cons c’est pas mon problème, d’abord on cherche, après, on voit ce qu’on trouve. Quand on aura trouvé, on verra ce qu’on en fait.

Et je passe le bébé à Sébi.