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Wend end en amouuuuureux……

(Avant, c’est dans les posts d’avant…)

Si j’étais simple et de bonne composition, je partirais en sautillant intérieurement : un homme à mon bras! me dirais-je. Un homme au volant d’une voiture tout à fait comme il faut – ce qu’il faut ! ajouterai-je en mon for intérieur. Piscine ! penserai-je encore. Chapelle du XIIème siècle. Bois. Herbes folles. Toussa toussa. Je ne me projetterais pas dans un futur indéterminé. Je ne penserai pas à Lui (week end chez les parents de Sandrine, enfin pas chez, mais dimanche midi, repas familial, ah ! La société de Lui et Ben a un coût !).

D’ailleurs, autour de moi, sévissent mariages et grossesses, un truc qui m’angoisse irrémédiablement, quoique je n’aie rien contre le bébé en tant que concept, et même en tant que réalité, je pousse toujours des cris suraigus devant un jeune représentant de l’espèce humaine. Non, ce qui me panique, c’est l’environnement socio-culturel du mariage, qui semble avoir de désastreuses conséquences sur l’organisation de l’emploi du temps des week end ; le nombre de gens qui retrouve leurs géniteurs en week end ou en vacances est affolant ; et je n’aime pas la famille, sauf à ma façon. (Ou alors Coco, mais Coco, c’est spécial, un peu comme un feuilleton comique américain). Donc, le week-end à deux avec ferme intention d’en rester là (aux week-end) est l’antidote au mariage.

Bon, enfin, pour être franche, j’ai progressé dans mon travail sur moi, car j’ai chassé l’excès d’idée négatives durant le trajet en me morigénant. Assume, me suis-je dit, et fais pas chier ; là, tu n’as que le beurre, et c’est déjà très bien (avec du pain).

La voiture allait vite et j’ai râlé parce que j’avais peur. Nous avons devisé sur la sécurité. Le confort. Sécurité et confort mon c…, ai-je signifié en substance à mon chevalier, fort charmant en polo, et bronzé, et j’aime ses avant-bras (on me passera cette faiblesse). J’aime ses avants-bras, et je le trouve donc mieux en polo qu’en chemise. Car en chemise, on voit trop ses mains (plutôt rondes et charnues), alors que j’aime la main de préférence osseuse et nerveuse du Penseur. Mais en polo, on voit le bras et l’avant bras, ça va avec la main. J’essayais, tandis qu’il me récitait la fiche technique de la voiture (je suis un petit peu méchante ; il y mettait le ton et une certaine passion ; on se serait sur sur un blog de mec, vous voyez? Avec des termes techniques fascinants. Cette voiture est très très bien, indépendamment du fait qu’elle roule avec suavité, elle a toutes sortes de caractéristiques techniques formidables pour un homme, si je me souvenais du nom je le dirais ; mais j’ai oublié) et il était si mignon dans son polo que j’en ai trouvé : ses yeux (important) me font presque craquer ; les avants-bras m’ont rendue toute tendre ; le cou : ah, le cou, un peu rond, tendance enfantin ; et cette façon de répondre présent dès que je l’appelle ; les kilomètres nous éloignaient de Paris et ma tendresse augmentait. (Y a t-il un rapport???)

Là dessus, tel de Coco.

-Kestufou?

Moi, digne : Je pars en week end avec un ami.

Coco, super curieuse : Béki?

Moi : Pierre-Henri.

Coco, pas du tout respectueuse de ma vie privée : çuilà? T’en avais pas marre?

Oh ça va, dis hein.

Moi : et tes enfants? Ils vont bien?

Coco : OK je t’emmerde. Non, c’est le désespoir. Titine est malade. I va passer, je le sens.

– Sois positive, quand même.

– Il a 12 ans, c’est le bel âge, non?

(Titine c’est le chien).

– Bon ben je voulais t’inviter pour nous changer les idées, mais si madame part en week end, pas possible.

– Cette semaine?

– I s’ra p’tête mort.

– J’apporterai des fleurs.

– T’es vache. T’imagines les gosses, l’état dans lequel i vont être?

– Mais non !!! Pertinente.

(Note  : Titine a survécu)

Puis, nous arrivâmes.

Pas déçue : petite maison au milieu d’un fouillis de fleurs ; Claire pour nous accueillir, cul serré, mais hôtesse charmante. Petite chambre avec volets en bois et lit à l’ancienne, car PIERRE-HENRI LUI A DIT QUE J’AIMAIS QUAND çA FAIT VIEUX. Il est pas cro mimi, mon petit 4×4 portatif?

D’où : toute contente, et mue par un sentiment latent de culpabilité, je me jette au cou dudit et je l’embrasse. Ça commence fort. Il m’a toujours fait de l’effet (de près, ou de très très loin ; finalement c’est en tête à tête qu’il est agaçant). Claire mi-rit, mi-ricane, genre je vous laisse (mais avec un tête de six pied de long, genre elle, c’est peut-être pas trop l’éclate avec le mec du jour ; mais s’il a assez de KE, on peut pas tout avoir non plus). Je le fais un peu exprès aussi, chère madame mademoiselle, je sens que j’ai intérêt à marquer largement mes avantages, sinon je vais être à la traîne toute la soirée. J’ai déjà vécu ça, c’est désagréable. Or, la Claire s’avère du style à casser avant de respirer : nous ne sommes pas des amies de 15 ans, je suis une pièce rapportée, et d’on ne sait trop où , et je bénéficie d’un séjour dans sa cabane, pas mal du tout la cabane ; il me faut frapper fort pour me faire respecter. Ça me fatigue, mais le trajet, les bras de Pierre-Henri, le jardin par la fenêtre et le clocher (de la chapelle???) me gonflent à bloc. Là, je suis dans le spirit warrior. C’est pas une donzelle HEC qui va me faire chier, en plus elle est toute seule, elle n’a pas sa bande de copines avec elle (ah, c’est qu’on vieillit !! les copines sont casées, et donc en week end chez papa maman ou beau papa belle -maman, ah oui c’est la vie, tandis que moi, je ne suis emmerdée par aucune famille – il faut bien qu’il y ait des avantages).

Vous me laisserez donc refermer, en souriant d’un air Sainte Nitouche à Claire (je fais ça HYPER bien), la porte qui grince : nous sommes un peu fatigué par le trajet…

– On boit un verre vers 19 h30? lance-t-elle à Pierre-Henri, qui commence déjà à trahir l’importance qu’il accorde à son amitié.

– 20 heures, réplique Pierre-Henri (on voit que c’est la campagne, on apéritive avec les poules).

Clac, se referme la porte.

Clac : à plus.

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Que veux-je, où vais-je, dans quel état j’erre

Mais lui, il était là, il m’attendait, dans le bar chic où il m’invite souvent…. Toujours le même, à la fois chic et coincé, le petit kit habituel, le portable, encore un nouveau, ou au moins il a changé d’enveloppe, les clefs. Il se lève, toujours très comme il faut, m’embrasse, m’invite à m’asseoir, fauteuils confortables, ambiance feutrée et chaleureuse, petite musiquette dans le fond, jazzy de bon goût, toutes les stars sont mes copines… je m’assieds devant lui et je lui dis quoi? « Je n’aurais pas du venir »? Sympa la fille.

Non, je me dégonfle, comme d’hab et j’émets des banalités : fatiguée, ah la la, l’avion, épuisant, le boulot, toussa toussa. Je parle toute seule, meuble le silence quoi, et lui m’écoute.

– T’es jamais contente, dit-il au bout d’un moment. Mais en souriant gentiment.

Il n’a pas entièrement tort, hein? Je me tais, vexée (enfin pas vexée, en fait : je ne sais que répondre à cette assertion pleine de vérité, surtout qu’en fait je parle pour dire n’importe quoi et surtout ne pas dire : je n’aurais pas du t’appeler).

Il me parle de son week end d’il y a un moment. Chez des amis. Aha. Ils ont une petite masure fort sympathique de probablement dix-huit chambres et une piscine couverte (ça a un nom, un truc qu’on met et remet) et un terrain de tennis et il y a une chaaaaaarmante église à côté. Et si je veux, je peux y aller ce week end, avec lui.

Je sens que je me liquéfie intérieurement. Naturellement, j’ai envie d’y aller ; je hume déjà l’odeur des sous-bois ; puis je me dis que non, ce n’est pas sérieux, je regrettais de venir boire un verre, et je vais partir deux jours avec lui ; je me comporte comme il ne faut pas ; puis, il me vient à l’esprit que si je l’ai appelé, si je suis là, je dois bien lui trouver un truc au fond de mon inconscient? mais quoi? Si je ne cherche pas, me dis-je, je ne saurais pas. D’un autre côté, il a parlé de forêts ; de l’autre, Marie-Rose n’habite pas loin d’un petit bois que je connais par coeur, et un bois ressemble toujours à un autre bois. Si je veux du petit bois, pourquoi ne pas aller chez ma tante Marie-Rose?  Je visualise Marie-Rose ; Fred ; Montane. Oué, OK, et après je visualise Pierre-Henri ; moi ; et ??? C’est qui les autres?

– Il y aura qui? Demandé-je.

– Claire et son compagnon, me dit-il, en prononçant avec noblesse le mot « compagnon », on entend chaque syllabe ; comme si Claire et moi on se connaissait depuis des années. Je sollicite un supplément d’explications.

Claire est une amie de Pierre-Henri et je l’ai rencontré ; il m’explique les circonstances ; je crois que je vois qui c’est. Immense, finesse confinant à la maigreur, école de commerce, sourire affuté, et quand elle dit les prix elle dit 15 KE, par exemple. Je veux dire, 1 euro, elle n’a pas le concept. Chez elle, ça commence à 1 KE, dirait-on, le reste ça doit être monnaie, elle laisse pour les pauvres. Enfin peut-être pas pour les pauvres ; je dois m’adapter ; après tout, il y a plus de pauvres maintenant en France : seulement des paresseux, et on ne leur donne pas de monnaie : mais des coups de pieds au cul.

Et que fais-je?????

De toute façon, l’impression d’avoir fait le mauvais choix, elle est inhérente à chacune de mes décisions.

Tant qu’on ne peut pas se vautrer dans des draps (ou sans draps, mais après si on dort la couette reste confortable, les amours sauvages font froid aux fesses, c’est le lendemain matin qu’on paie) avec l’homme dont on est amoureuse, on peut le faire (c’est la morale moderne) avec des hommes dont on n’est pas tant amoureuse que ça. Avant, seuls les hommes avaient le privilège de ce comportement léger. Maintenant, nous aussi on peut le faire : on satisfait indéniablement des pulsions (et d’une façon fort agréable), on passe le temps, et s’il y a une piscine et une chapelle du XIIème siècle dans le coin, c’est pas mal.

L’alternative, c’est tu restes chez toi et tu lis des blogs. Ou tu appelles ton copain Ben pour faire la même chose qu’avec Pierre -Henri, mais Ben est plus pot de colle… Il a un petit coté toutou pas toujours agréable. Il est bien pour rester au lit sous la couette et regarder des films. Gaël aussi – mais il est amoureux, cet idiot (pas de moi).

Alors qu’ai-je fait?

Ben j’ai accepté de partir en week end à la campagne, dans la maison, avec le petit bois et la chapelle du XIIème siècle à côté.

Je me suis dit que ça me ferait une expérience.

KE, c’est, euh, hmm, kilo euro (je trouve ça affreusement vulgaire).